Texte: Corinne Aguzou    /    site: Léa zanotti

VERONIQUE MATTEUDI

ANATOMIE DU GENRE HUMAIN

SCULPTURE ET INSTALLATION

Ce sont des figurines, des figurants, des statuettes ou des marionnettes ou des personnages, des acteurs contemporains ou des ancêtres, des gens, de drôles de gens parce qu’ils expriment les émotions qui traversent un corps quand il va pour marcher ou courir ou s’élancer, quand il est tendu vers, ou quand il vient de s’arrêter, de se poser là, royal dans le relâchement, ou bien qu’il est surpris d’être arrivé ou content du repos, ou alors rempli d’attention quand il est penché au-dessus, ou quand le corps est en équilibre ou qu’il risque de tomber ou salue ou attire les regards sur lui… 

Si l’on désirait imiter l’une des postures de ces petites créatures de fiction, il suffirait de se souvenir par exemple de ce qu’on ressent profondément après deux heures de marche ou de la joie que procure le fait de courir comme un lièvre, ou de l’une ou l’autre des émotions qui nous traversent pendant qu’on se baisse pour regarder, cueillir ou ramasser. Il faudrait juste ressentir toute la finesse et la complexité des émotions qui accompagnent tout le temps le mouvement de nos corps dans nos vies. On ne saurait plus vraiment qui ressent et s’émeut, mon corps ou moi ?Disons au moins nous deux.